• Assurances de bateau
  • Courtier d'assurances
    • Nos service
    • Assurance de course
    • Service de sinistre
    • Downloads
  • News
  • Infos
  • Contact
Home  |  Chercher  |  Print  
Deutsch  |  Français  

En cas de sauvetage en mer

En cas de sauvetage en mer

Beaucoup de skippers ne sont pas certains de connaître la procédure à suivre, la situation juridique et les conséquences financières d'une opération de secours en mer. Un comportement inadéquat peut coûter cher!

Une bonne nouvelle: l'"Accord international de 1989 sur le sauvetage" contient des dispositions détaillées concernant la procédure à suivre pour des mesures de sauvetage, ainsi que des critères pour fixer l'indemnisation. Celles et ceux qui connaissent ces dispositions ne se laisseront pas impressionner ni n'accepteront sans autre des revendications indues que le sauveteur pourrait exiger. L'accord en question réunit les notions de "assistance" et de "sauvetage" sous la notion de "mesures de sauvetage". Ceci ne signifie toutefois pas qu'aucune différence n'est faite entre assistance et sauvetage.

Les bases juridiques
Toute action de sauvetage réussie donne droit à une indemnisation appropriée. En revanche, lorsque les opérations engagées restent vaines, aucun paiement n'est dû, s'il n'en a pas été convenu autrement. Exception: le sauveteur a droit à un dédommagement lorsque les mesures prises permettent d'empêcher ou de réduire une pollution de l'environnement, indépendamment de la réussite ou non du sauvetage. Si un sauveteur engage des mesures de sauvetage malgré l'interdiction expresse et apparemment justifiée du skipper, alors il ne peut prétendre à une indemnisation. Voilà un principe qu'il vaut la peine de retenir lorsque l'on est confronté à des "sauveteurs" particulièrement empressés - nous voulons parler bien sûr de sauveteurs amateurs. Ensuite, on peut tout à fait refuser au sauveteur tout ou partie du paiement si les mesures de sauvetage ont été nécessitées par le comportement du sauveteur lui-même ou si elles ont été rendues plus difficiles, ou encore si le sauveteur se rend coupable d'une escroquerie ou de tout autre comportement malhonnête.

Les personnes sauvées ne doivent en principe pas verser des indemnités. Celui qui toutefois sauve une vie humaine lors d'une opération de sauvetage, p.ex. un skipper qui s'est précipité sur les lieux, celui-là à droit à une partie appropriée de l'indemnisation que reçoit le sauveteur pour la récupération du bateau.

Notions importantes
Détresse en mer: danger existant ou imminent qui menace un bateau et qui ne peut être dépassé par les propres moyens de l'équipage.

Assistance: elle existe lorsqu'un bateau et son équipage parfaitement opérationnel sont tirés d'une situation de détresse en mer grâce à l'intervention de tierces personnes. Exemples: remorquage, càd. remorquer jusque dans un port un bateau non manoeuvrant en raison d'un gouvernail défectueux; tirer un bateau d'un endroit où il ne peut flotter jusqu'à ce qu'il soit totalement libre.

Sauvetage: on parle de sauvetage lorsque le bateau (ou des objets lui appartenant) qui se trouve en situation de détresse est conduit en sécurité par des tiers, après que l'équipage en a perdu intégralement ou partiellement la maîtrise.

Le passage de l'assistance au sauvetage à proprement parler peut être plus ou moins marqué. Par exemple, lorsque un ou plusieurs membres de l'équipage du bateau de sauvetage doit se rendre à bord des personnes nécessitant de l'aide, pour par exemple y fixer l'aussière de remorquage. La distinction peut également être importante si le bateau en situation de détresse demande simplement de l'aide ou s'il a lancé un mayday.

Les critères de l'indemnisation
Le montant de l'indemnité de sauvetage dépend de plusieurs critères. En voici les principaux, selon le libellé de l'Accord international mentionné plus haut: valeur du bateau en situation de détresse, genre et importance du danger qui le menace, efforts du sauveteur et durée des opérations, danger qu'affrontent le sauveteur et son matériel, rapidité avec laquelle la prestation a été servie. L'indemnité de sauvetage ne peut toutefois en aucun cas dépasser la valeur des objets sauvés.

Que ce soit le sauveteur qui tend son aussière au bateau en situation de détresse ou le contraire n'a, contrairement à une opinion largement répandue, aucune influence sur l'indemnisation! En revanche, peut jouer un certain rôle le fait que des membres de l'équipe de sauvetage doit monter à bord du bateau en détresse, ou que l'on doive utiliser du matériel étranger, ou encore que le bateau ait été carrément abandonné. Il est également important que le sauveteur n'a aucun droit de possession sur les biens sauvés. Il peut seulement exiger une sécurité à concurrence de l'indemnité demandée. La plupart du temps, une indemnité est versée sur un compte bloqué ou le bateau sauvé est mis sous scellés jusqu'à ce que les parties se soient mises d'accord sur l'indemnisation. Souvent, les négociations sont menées par l'assureur casco ou son représentant sur place.

Des conventions claires
Lorsqu'un skipper croit être en danger, il doit, avant de demander de l'aide, bien réfléchir si cette dernière est vraiment nécessaire. Des appels à l'aide prématurés peuvent coûter très cher! Les assureurs-casco ne comptent les prestations servies par des tiers que s'il y a danger immédiat ou que l'on peut s'attendre à un dommage. On observera en outre, en la matière, les instructions indiquées dans les Conditions générales d'assurance.

Avant l'engagement des mesures de sauvetage, il faut toujours, dans la mesure du possible, s'entendre sur le genre d'aide à fournir (voir encadré), ainsi que sur l'indemnisation. Les situations où cela est possible sont relativement fréquentes, comme par exemple lorsqu'un yacht est échoué et que les personnes concernées disposent donc de tout le temps nécessaire pour conclure un accord. Idéalement, ce dernier devrait être stipulé par écrit avec signatures des protagonistes, ou conclu oralement en présence de témoins et avec inscription dans le livre de bord. Pour déterminer le montant de l'indemnité de sauvetage, on peut se baser sur les critères indiqués dans l'accord international mentionné au début du présent article. Le skipper veillera, lors de la détermination de l'indemnité de sauvetage, à ne donner aucune indication concernant la valeur du bateau ou la somme d'assurance.

No cure no pay
S'il n'est pas possible de conclure un accord concret - p.ex. en raison de conditions extrêmement difficiles et/ou un désaccord quant au montant de l'indemnité de sauvetage - il faut conclure un contrat sur la base du "Lloyd's Open Form LOF", si nécessaire en le disant à haute voix. Ce contrat valable au niveau international contient la disposition "no cure no pay", à savoir qu'aucune indemnité n'est due si le sauvetage n'a pas réussi. Il est en outre stipulé que, après un sauvetage réussi, l'indemnisation est fixée par un tribunal arbitral de Londres, sur la base de l'Accord international (International Convention on Salvage 1989).

Toutes les conventions et le déroulement des opérations de sauvetage doivent impérativement être inscrites dans le livre de bord. L'enregistrement doit contenir les points suivants: le temps, l'emplacement du bateau, la météo, l'état de la mer, la cause des opérations de sauvetage, le nom, le skipper et le propriétaire du bateau qui a porté secours. Ce compte-rendu doit être signé par le skipper et un membre de l'équipage en sa qualité de témoin oculaire.

Collaboration
Pendant les opérations de sauvetage, c'est le sauveteur qui a le commandement! Les deux parties ont des devoirs: le sauveteur doit agir avec prudence et, si nécessaire et si le skipper qui se trouve en mauvaise posture le souhaite expressément, demander l'aide d'autres sauveteurs. L'équipage en situation de détresse est tenu de son côté de collaborer en tout point avec le sauveteur pendant toute la durée des opérations et garantir la prudence nécessaire.

Et l'assurance?
Pour ce qui est de l'assurance, nous nous basons sur le contrat-cadre du CCS, lequel parle explicitement de "taxe fixe" et couvre les mesures de sauvetage ainsi que la récupération de l'épave. L'article correspondant des conditions générales d'assurance stipule: "....Un contrat de sauvetage avec clause mentionnant le recours à un tribunal arbitral doit si possible être conclu. (donc la Lloyds Open Form, réd.). Pour autant que les frais aient été occasionnés sur instruction de l'assureur, ou que l'assuré n'ait pas été en mesure de demander ces instructions, l'assureur versera, en complément et indépendamment des autres prestations d'assurance, tout au plus 100% de la somme assurée." Cela signifie dans le cas le plus extrême: si un yacht assuré pour 100'000 francs subit un dommage total et qu'il doit être récupéré et sauvé, l'assurance-casco paie la somme de 100'000 francs pour la perte totale ainsi que, en plus, un maximum de 100'000 francs pour les frais de sauvetage et de récupération de l'épave.

Il n'est pas rare que l'indemnité de sauvetage atteigne presque la valeur du bateau. Les contrats d'assurance qui ne prévoient, pour couvrir les frais de sauvetage et de récupération, qu'un montant fixe de quelques milliers de francs ou un pourcentage relativement faible de la somme d'assurance ou de la valeur, peuvent être insuffisants. En outre, les contrats stipulant une indemnisation de la valeur vénale peuvent entraîner des problèmes lorsqu'il s'agit d'estimer la valeur du bateau sauvé, les intérêts du sauveteur étant diamétralement opposés à ceux de l'assureur.

En résumé, pour bien agir si l'on rencontre des difficultés en mer, il faut si possible prendre contact avec l'assureur et ne pas conclure des accords douteux, ni par écrit ni oralement.

10.09.2001



MURETTE SA
Courtier d'assurances
Thunstrasse 18
Case postale
CH-3000 Berne 6
Tél +41 (0)31 357 40 40
Fax +41 (0)31 357 40 49
info@murette.com